Petite enfance - Lettre d'information

Petite enfance
Croiser les regards pour grandir ensemble – mars 2026

Edito

Croiser les regards pour grandir ensemble

Accompagner les jeunes enfants est avant tout un travail collectif. 

Le projet des équipes interdisciplinaires illustre concrètement comment la collaboration entre logopédistes, psychomotricienne et équipes éducatives, au cœur des structures d’accueil de la petite enfance, renforce la prévention précoce et enrichit les pratiques professionnelles. Les témoignages recueillis montrent que la co-construction et les échanges réguliers profitent tant aux enfants qu’aux équipes.

Cette dynamique se prolonge à travers d’autres initiatives inspirantes: la Recyclerie de la crèche Bertrand, qui allie créativité et développement durable; le projet "On commence l’école!", pensé pour accompagner les familles avant la première rentrée scolaire; et le Prix P’tits Mômes, qui donne une place aux tout-petits dans la découverte de la lecture et de la citoyenneté.

Autant de projets qui partagent une même ambition: placer l’enfant au centre et construire, ensemble, des environnements favorables à son développement.

Je vous souhaite une bonne lecture!

Christina Kitsos,
Vice-présidente du Conseil administratif

Equipes interdisciplinaires: croiser les regards pour mieux accompagner les enfants

Dans le cadre de sa politique inclusive, la Ville de Genève développe des projets visant à renforcer la prévention précoce au sein de la petite enfance. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet des équipes interdisciplinaires, mené dans plusieurs secteurs pilotes, dont le secteur Rive-droite. Il repose sur la collaboration étroite entre logopédistes, psychomotriciennes et équipes éducatives, au cœur même des structures d’accueil.

Nous avons rencontré la direction du Secteur petite enfance Rive-droite, deux logopédistes, une psychomotricienne et une éducatrice animant des ateliers créatifs, impliquées dans le projet, afin de mieux comprendre le fonctionnement, les impacts et les enseignements tirés de cette expérience. Découvrez nos échanges!

 

Concrètement, à quoi ressemble une journée type pour une logopédiste ou une psychomotricienne ou une éducatrice animant des ateliers créatifs au sein du Secteur petite enfance Rive-Droite?

Séverine Molleyres Schöpfer et Géraldine Abos, logopédistes: La plupart de nos interventions ont lieu le matin, sous forme d’ateliers co-animés avec un éducateur référent, en petits groupes de quatre à six enfants. En tant que logopédistes, nous travaillons surtout autour de la communication, du langage et de l’oralité. Du côté de la psychomotricité, Olivia Plevani mentionne qu’il s’agit d’une approche globale du développement de l'enfant, qui intègre le corps, le mouvement, les émotions, les relations et l'environnement. Et concernant les ateliers créatifs, Christelle Albanese, précise qu’ils sont centrés autour du jeu créatif. Les enfants sont amenés à expérimenter, à détourner, à associer. Le matériel proposé est là pour soutenir la créativité (des objets polyvalents, des textures et matières différentes, des éléments de la nature, des matériaux de récupération et des objets de seconde main).

Ces ateliers sont co-construits en amont avec le référent du groupe et l’équipe éducative. Cela nous permet d’ajuster nos propositions aux besoins des enfants. L’idée n’est pas d’arriver avec un atelier "tout fait", mais de construire quelque chose ensemble, qui s’inscrive vraiment dans le quotidien de la crèche. Suite aux ateliers, des moments de discussion ont lieu avec le référent. Ils permettent de partager nos observations, de penser la suite, de faire des liens avec la théorie. En plus des ateliers, les logopédistes ont des moments au cœur des groupes afin d'observer tous les enfants dans un autre contexte et interagir avec eux.

 

En quoi ce projet interdisciplinaire a-t-il changé les pratiques professionnelles au quotidien?

Isabelle Chantoiseau, directrice: Ce qui a le plus changé, c’est la richesse des regards croisés. Par rapport au début du projet, on sent une vraie évolution: les équipes arrivent aujourd’hui avec davantage de questions, elles anticipent plus et s’approprient pleinement la démarche. Les interventions dès le plus jeune âge permettent vraiment de faire de la prévention primaire.

Céline Boulenaz, Séverine Benito, Julie Pierrecy, Kay Chanfreut, adjointes et adjoint: Un outil a aussi beaucoup contribué à cette évolution: le classeur jaune. Il suit les groupes d’une année à l’autre et permet de garder une trace des ateliers, des enfants participants, des observations et des bilans. Il donne une cohérence au projet, le rend visible et le valorise auprès de toutes et tous.

Sur le plan organisationnel, des temps d’échanges réguliers ont été instaurés entre les différents professionnels et sous différentes modalités, dont des colloques interdisciplinaires en présence de l’équipe de direction.

Pour les enfants, ces ateliers représentent un temps privilégié. Le fait d’être en petits groupes permet à certains enfants plus discrets de prendre davantage de place. De notre côté, cela nous permet aussi d’observer tous les enfants dans un autre contexte, avec une posture différente, plus attentive, dans un climat très agréable. Ces ateliers mettent en évidence une qualité de présence auprès des enfants dans le jeu. Ces moments viennent enrichir les observations du quotidien.

 

Quels ont été, selon vous, les principaux leviers de réussite du projet?

Isabelle Chantoiseau: Le travail de concertation a clairement été un levier majeur. Les nombreux échanges avec le Service de la petite enfance ont permis d’ajuster progressivement le projet à la réalité du terrain. Tout le monde partageait une intention commune, mais il a fallu apprendre à s’adapter au fonctionnement des crèches et à leurs contraintes.

L’engagement de la direction et des adjoints a aussi été déterminant. Leur soutien et leur accueil très positif ont facilité dès le départ, l’adhésion des équipes au projet interdisciplinaire.

Enfin, pour les logopédistes, le fait de bénéficier d’un espace d’intervision entre paires a été essentiel. Ces rencontres régulières permettent d’échanger sur les spécificités du métier et de soutenir la pratique dans un cadre non thérapeutique, ce qui est précieux dans un projet comme celui-ci.

 

Avez-vous rencontré des difficultés dans la mise en œuvre de l’interdisciplinarité?

Séverine Molleyres Schöpfer, Géraldine Abos, Olivia Plevani et Christelle Albanese: Oui, surtout au début. Par exemple, lorsque plusieurs ateliers avaient lieu la même semaine, cela a parfois suscité des réactions, car cela venait bousculer les projets en cours des équipes. Nous avons dû ajuster l’organisation pour éviter de surcharger les groupes sur une même période.

Il y avait aussi une certaine méconnaissance de nos rôles, tant pour la logopédie que pour la psychomotricité. Certaines équipes craignaient que ces interventions remplacent d’autres activités ou apportent des réponses thérapeutiques immédiates. Il a fallu clarifier le cadre: ce projet n’a pas de visée thérapeutique.

Ce qui a vraiment permis de dépasser ces difficultés, c’est la co-construction. En impliquant les équipes, en adaptant le matériel, les jeux et les propositions d’une semaine à l’autre, les ateliers ont trouvé naturellement leur place. Il s’agit de transposer certains éléments des ateliers et des discussions post-ateliers à d'autres situations afin que tous les enfants puissent en bénéficier.

 

Comment décririez-vous aujourd’hui la collaboration entre les différents acteurs du projet?

Aujourd’hui, la collaboration est beaucoup plus fluide et solide. Les logopédistes, la psychomotricienne et l’éducatrice des activités créatives se sentent intégrées aux équipes. Un moment particulièrement marquant a été l’exposition photo autour des ateliers. Elle a rencontré un vrai succès auprès des parents et a permis de rendre visible un travail parfois difficile à expliquer. Les échanges qui en ont découlé ont été très riches.

Ce projet a aussi permis aux professionnelles de l’équipe interdisciplinaire de mieux se connaître, de comparer leurs pratiques et de renforcer le sentiment de faire partie d’une équipe élargie. L’envie est clairement que cette dynamique se poursuive et continue d’évoluer, toujours avec l’enfant au centre.

Recyclerie de la crèche Bertrand

Le grenier "Heidi" est une initiative unique portée par l’Association du Secteur Petite Enfance de Champel. Il a ouvert en 2025 au cœur de l’EVE Bertrand à Genève. Ce lieu novateur allie écologie, développement durable, créativité et éveil des tout-petits, favorisant une approche ludique et responsable de la petite enfance.

Inspiré par les valeurs du personnage de Johanna Spyri, le grenier Heidi propose un espace où les enfants, les familles et les professionnelles et professionnels peuvent explorer, apprendre et imaginer à travers la récupération et la réutilisation de matériaux. Sur place, on trouve une grande diversité de matières (bois, tissus, carton, métal, plastique…) qui deviennent des supports d’activités sensorielles et créatives, stimulant l’imagination et l’éveil des sens.

Au-delà d’une simple collection d’objets, la ressourcerie est un centre de sensibilisation aux enjeux environnementaux, aligné avec les principes de l’Agenda 21 et les Objectifs de Développement Durable des Nations unies. Elle encourage la réduction des déchets, le réemploi des matériaux et des pratiques respectueuses de notre planète, tout en offrant un lieu d’échanges, de partage et de solidarité autour de la petite enfance.

La ressourcerie propose également des animations pour les familles, des ateliers créatifs, ainsi que des espaces où les professionnelles et les professionnels peuvent imaginer des univers multisensoriels pour les enfants. L’Épicerie d’Automne, par exemple, est une installation qui invite à explorer la fragilité et la beauté des matériaux naturels.

Ce projet, soutenu par la Ville de Genève, vise à transmettre des valeurs durables dès le plus jeune âge: apprendre à préserver, créer et partager pour construire un avenir plus responsable.

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"On commence l'école!"

Le projet "On commence l’école!" s’adresse aux familles dont les enfants entrent en 1P en août prochain et ne fréquentent pas de structures d’éducation préscolaire. Mis en place par le Service de la petite enfance en collaboration avec le Service de l’enfance, ce dispositif vise à accompagner les parents avant cette étape importante qu’est la première rentrée scolaire.


Le projet repose sur l’idée qu’un accompagnement en amont favorise une expérience scolaire plus sereine et positive, tant pour l’enfant que pour sa famille. Il s’adresse en priorité aux familles migrantes, allophones, en situation de vulnérabilité ou d’isolement.


Deux modules gratuits sont proposés afin de présenter le fonctionnement de l’école et du parascolaire, d’aborder des questions liées au développement de l’enfant (santé, langage, sommeil, alimentation) et de permettre des échanges informels avec les actrices et acteurs de l’école.


Les rencontres avec les parents se déroulent simultanément dans quatre écoles primaires de la Ville de Genève (Ecole Pâquis-Centre / Ecole des Grottes / Ecole des Charmilles / Ecole du Mail), tandis que les enfants sont pris en charge par des professionnelles et professionnels de l’enfance.


En complément, une place en crèche gratuite peut être proposée aux familles participant au programme, sous conditions, à raison de deux demi-journées par semaine pendant six semaines. 

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Prix P'tits Mômes: quand les tout-petits deviennent des jurés littéraires

Chaque année, un événement culturel unique invite les enfants les plus jeunes à découvrir la magie des livres… et à choisir eux-mêmes leur prix littéraire! Le Prix P’tits Mômes, créé en 2006 par les Bibliothèques municipales, donne la parole aux enfants âgés de 2 à 4 ans, un public rarement sollicité.

Comment ça fonctionne?

Le principe est simple:

Sélection de quatre albums jeunesse: quatre ouvrages récents sont choisis pour être présentés aux enfants dans différents lieux: bibliothèques municipales, crèches et jardins d’enfants.

Découverte et lectures: les petites lectrices et petits lecteurs ont l’occasion d’écouter et de feuilleter ces histoires, souvent accompagnés d’animations ou de lectures partagées.

Vote des enfants: après avoir exploré les quatre livres, les enfants votent pour celui qu’ils ont préféré. C’est eux qui décident du lauréat!

Cérémonie et remise du prix: le livre gagnant est révélé lors d’une cérémonie conviviale, accompagnée d’un spectacle pour prolonger le plaisir de la lecture.

Le prix comporte également une récompense financière remise à l'autrice ou l’auteur et/ou l’illustratrice ou l’illustrateur de l’album lauréat pour soutenir la création jeunesse.

Pourquoi ce prix est-il si spécial?

Le Prix P’tits Mômes n’est pas un simple concours: il s’agit d’une vraie expérience de participation pour les tout-petits. En les impliquant dans le choix d’un livre plutôt qu’un autre, il encourage l’amour de la lecture dès le plus jeune âge, développe le sens critique et valorise la parole des enfants.

Il s’inscrit dans la Semaine "Livres, petite enfance et familles", avec des activités, spectacles et lectures dédiés aux jeunes enfants et à leurs familles chaque année.

Que ce soit en bibliothèque ou en crèche, c’est une belle façon de faire découvrir les livres aux tout-petits… et de partager un moment de plaisir autour des histoires en famille ou avec les éducatrices et éducateurs.

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Edition

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