Quand le médecin traitant était radiologue

Numéro 73 - juin 2026

Quand le médecin traitant était radiologue
à travers les appareils exposés au musée de la médecine d'Hautefort

 

        En 1895, Wilhelm Röntgen, physicien allemand, découvre les Rayons X (la première radiographie est la main de sa femme) ; il reçoit le prix Nobel en 1901 pour sa découverte. Dès 1897, le docteur Antoine Béclère installe, à ses frais, un poste de radioscopie dans son service à l’hôpital Tenon utilisé dans le dépistage et le diagnostic de la tuberculose pulmonaire, maladie considérée comme un fléau social national. Parfois considéré comme un amusement de foire, les défenseurs de l’utilité médicale des Rayons X sont appelés les « photographes ».

       Bien que les autorités sanitaires nationales aient demandé dès 1898 que les hôpitaux se dotent d’un poste de radiologie, il faudra attendre 1903 pour que l’hôpital de Périgueux utilise un matériel moderne. Entre-temps, un photographe de Périgueux fait l’acquisition de matériel, se forme et se met à la disposition des médecins et, en 1903, le docteur Colombet ouvre un cabinet de radiologie à Périgueux. Il intègre en 1924 l’hôpital, qui a fait l’acquisition en 1923 d’un matériel vétuste vendu par l’armée qui avait un poste de radiologie à l’ancien évêché pour soigner les soldas tuberculeux.                                                                                                                                                                                             

        Pendant la guerre de 1914-1918, Marie Curie met en place un système de camions portant un poste de radiologie et se déplaçant au plus près du front pour aider radiologiquement à la prise en charge des blessés.

     Progressivement, durant la période de l’Entre-deux-Guerres, les hôpitaux, les cliniques, les dispensaires d’action sociale mais aussi les médecins libéraux se dotent d’appareils de radioscopie (analyse sur écran) et de radiographie (analyse sur photographies).

     

Le plus ancien appareil de radiologie exposé au musée de la médecine d’Hautefort est une cabine de radioscopie, don du docteur Gagnaire de Bourdeilles, datant de 1915-1920 et fabriqué par l’entreprise Ropiquet Hazart et Roycourt de Paris (1906-1943), ancêtre de la Compagnie Générale de Radiologie (CGR). Ce matériel appartenait au docteur Bourlan, généraliste à Périgueux, et permettait l’examen des poumons du malade debout devant l’écran. L’examinateur travaillait sans protection et les conséquences des radiations pouvaient être mortelles. La radiographie prit le relais mais de nombreux médecins généralistes ont utilisé au cabinet des appareils de radioscopie pendant des décennies.

 

 

      Le deuxième appareil, datant de 1926, représente un progrès par rapport au précédent. Il réalise des radioscopies et des radiographies. L’association de l’émetteur de rayons X à une table d’examen permet l’exploration des différentes parties du corps. (Don du docteur Fontaliran du Buisson-de-Cadouin)

 

 

 

 

 

Ce troisième appareil de radioscopie date de 1935. (Don anonyme)

    Appareil de radiographie-radioscopie portatif pouvant explorer le malade à son domicile. Il a été utilisé par le donateur, le docteur Leguay, spécialiste pneumologue à Périgueux.
(Don du docteur Leguay) 

     Appareil de radioscopie de 1950 utilisé par un généraliste d’Hautefort n’ayant pas accès facilement à un cabinet de radiologistes.
(
Don du docteur Vianna d’Hautefort).

     L’exploration radiologique fait partie des progrès de la médecine. Si, dans un premier temps, tout médecin pouvait recourir à ce mode de diagnostic, à partir du dernier tiers du XXe siècle, des spécialistes en radiologie ont assuré cette prestation (complexité des diagnostics, normes de sécurité, cherté des appareils, explorations radiologiques dépassant la simple radiographie).

 

Jean-Marie Cazauran

Photos de l'auteur avec l'aimable autorisation du Musée de la médecine d'Hautefort

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