| | | Illustration publiée dans l'édition du 6 octobre 2021 du magazine The Economist. | | Letters to Sherlock Holmes (1985) Les courriers reçus au 221b compilés par Richard Lancelyn Green | Hier, nous avons annoncé le lancement d'un projet de série télévisée, Sherlock’s Secretary, destinée à la chaîne américaine USA Network, où l'employé chargé de répondre au courrier adressé à Sherlock Holmes mènera des enquêtes. Cette fonction a existé et ce courrier aussi. En 1985, notre regretté ami anglais Richard Lancelyn Green avait d'ailleurs publié un ouvrage rassemblant les meilleures lettres parmi des milliers... Très tôt, les lecteurs des aventures de Holmes ont écrit au célèbre détective. Dans les années 1950, lorsque la société de crédit immobilier Abbey National a installé ses bureaux au 221B Baker Street, elle a décidé de nommer un secrétaire chargé de répondre à tout le courrier adressé à Holmes. À l'époque de la publication de l'ouvrage Letters to Sherlock Holmes (1985), l'entreprise recevait 700 lettres par an. Ce livre en présente une sélection impressionnante ; s'il s'agit pour la plupart de courriers adressés à la société immobilière, il inclut également des missives plus anciennes. Si ces lettres sont souvent hilarantes par leur étrangeté et leur caractère insolite, certaines se révèlent aussi touchantes : elles émanent de personnes traversant des épreuves difficiles et voyant en Holmes leur unique recours. Au début, les lettres ne semblent pas particulièrement étranges. Ainsi, en 1904, une personne propose d'initier Holmes à l'apiculture, tandis qu'une autre lui offre ses services pour l'entretien de son domicile. On voit aussi apparaître les premiers correspondants exigeants, comme cette jeune fille qui demande à Holmes de lui envoyer ses histoires, celles-ci étant trop chères à l'achat dans son pays d'origine, la Russie. Les demandes d'aide ne tardent pas à suivre : en 1950, quelqu'un sollicite son intervention pour retrouver des bijoux indiens perdus en Afrique, tandis qu'une autre personne réclame son assistance dans le cadre d'un procès pour meurtre à Varsovie. Les écoliers américains et britanniques constituent une partie des correspondants. Certains sollicitent l'aide de Holmes pour résoudre une affaire — comme le vol d'objets dans un casier —, tandis que d'autres cherchent à savoir s'il est un personnage réel ou s'il est encore en vie. En 1967, un enfant du Surrey a demandé conseil sur la façon de gérer une vieille institutrice particulièrement sévère et agaçante qui lisait sans cesse des histoires de Holmes : « Au début, on n'avait votre livre que le lundi, mais maintenant on l'a toute la semaine ; elle passe son temps dans la lune, en pâmoison, et elle a toujours une photo de vous sur elle. » La dernière phrase est savoureuse : « Désolé pour l'ortografe [sic], mais on ne fait pas de cours d'anglais, on étudie plutôt votre histoire. » Certains enfants attendent toutefois un peu plus que de simples conseils, comme le suggère une lettre venue de la Gold Coast : « Si quelqu'un vous écrit, ne lui répondez pas, car je veux faire de vous mon meilleur ami au monde. » Suivent ensuite des demandes de cadeaux et de présents. Il semble aussi que Holmes ait dû répondre à des questions délicates de la part de ses correspondants : « Dans quelle mesure l'amour est-il à l'origine des crimes ? », « Comment trouver un petit copain ? » ou « Comment devenir un meilleur citoyen ? ». Certaines questions sont évidemment plus faciles à traiter : « Si vous n'êtes plus en vie, pourriez-vous me le faire savoir ? Le reste de ma classe d'anglais attend votre lettre avec impatience. » « J'aimerais savoir si vous êtes le vrai Sherlock Holmes, celui qui a été inventé au XIXe siècle ? Ou bien étiez-vous le deuxième à porter ce nom ? Vous savez, comme Lassie ou Tarzan ? » « À quelle heure allez-vous vous coucher ? » « Avez-vous une salle de bains ou deux ? »
On sollicite également son avis sur des sujets tels que les ovnis, le triangle des Bermudes et le monstre du Loch Ness. Il y a aussi les lettres qui prétendent émaner de Watson lui-même, comme celle-ci : « Ravi d'avoir une affaire – vos déductions étaient justes – bijoux disparus – statue disparue – formule volée – police incompétente – Prof. Dr Hans Meier enlevé – moi aussi ! – que dois-je faire ? » Il y a aussi des lettres avec une demande de rançon en échange de la libération de Watson. Enfin, que penser de celles qui suivent ? Celle d'un homme au Brésil souhaitant une photographie de Holmes pour éloigner les cambrioleurs, et celle d'un Londonien qui écrivait ceci : « Je collectionne depuis quelque temps des dessins de cochons réalisés par des personnalités célèbres et l'on m'a récemment suggéré que vous seriez peut-être disposé à me fournir un cochon dessiné de votre propre main. Si tel est le cas, je vous serais très reconnaissant de bien vouloir fermer les yeux pendant que vous dessinez l'animal et de ne les rouvrir que pour le signer. » Une lettre sollicite, comme beaucoup, une intervention dans une école. Le petit garçon propose à Holmes de dormir dans sa chambre et à Watson dans celle de ses parents. Beaucoup de demandes concernent des affaires criminelles variées, émanant même de détectives privés ou d'avocats. On compte de nombreuses lettres sollicitant de l'aide pour des enlèvements ou des disparitions — en ville, en forêt, en mer, voire dans des ascenseurs — ou demandant un coup de main pour résoudre le scandale du Watergate. Il y a aussi le cas d'un homme disparu en plein spectacle de magie et celui d'un retraité américain dont l'énorme boule de papier d'aluminium — si volumineuse qu'elle devait être entreposée dans le garage — s'est volatilisée. Dentiers perdus, cheveux et il est même question d'esprits. Les animaux ne sont pas en reste : une personne écrit depuis l'Allemagne de l'Ouest pour demander de l'aide au sujet d'un lion malade, tandis qu'une autre sollicite de l'aide pour retrouver une mygale enlevée. Les lettres en provenance du Japon sont également très fréquentes. Dans l'une d'elles, deux jeunes Japonaises évoquent une chanson consacrée au Dr Watson et à M. Sherlock Holmes... Aujourd'hui, heureusement, il y a l'Encyclopédie Conan Doyle d'Alexis... | | | | | L'étrange cas de l'annuaire parisien Chapitre 259 des souvenirs du président... | | | On pourrait penser que ce que l'ouvrage de Richard Lancelyn Green nous apprend est réservé à la rue Baker Street et au domicile historique de Sherlock Holmes. Ce serait une erreur. En France, à Paris, le même phénomène s'est produit. J'en fus le premier témoin, étant domicilié (si ce n'est pas le contraire...) chez "Sherlock Holmes" ! A partir de janvier 1993, mon domicile est devenu le siège de l'association "Société Sherlock Holmes de France". Pour gérer les activités et accueillir les appels téléphoniques destinés à l'association, j'ai souscrit un abonnement téléphonique indépendant du mien propre. Quand j'ai procédé à cette création, l'inscription dans l'Annuaire des P&T était élémentaire. Le préposé chargé de cette ouverture de compte refusa cependant ma requête. "Le libellé est trop long, il ne tiendra pas dans l'espace réservé pour la mention dans l'annuaire imprimé." J'ai donc dû sacrifier deux mots (société et France) pour ne conserver que l'essentiel : "Sherlock Holmes". Et c'est ainsi qu'est né le "numéro de téléphone parisien de Sherlock Holmes". Pour ma tranquillité, j'ai installé un répondeur sur cette ligne, avec un message d'accueil déclinant l'identité du club. Le piège était tendu et, à ma grande surprise, il a fonctionné. Nos archives conservent les cassettes audio des messages reçus. On y entend des appels à l'aide destinés à Sherlock Holmes, lui-même, le "vrai" ! Comme mon message invitait le correspondant à laisser un numéro pour être recontacté, j'ai pu appeler ces personnes pour vérifier le niveau de fantaisie de ce que j'ai d'abord pris pour des plaisanteries. Comme diraient nos jeunes membres de 2026, je n'étais pas prêt. À l'autre bout du fil, j'ai eu des gens qui ne doutaient pas une seconde de l'existence de Sherlock Holmes (il leur parlait...), de sa capacité à s'exprimer en français (avec un accent auvergnat !), d'être toujours en vie dans les années 1990, et de résider à Paris, avenue de la République. Pas le moindre doute. La conversation s'établissait directement au sujet d'un vol ou d'une disparition, et du montant des honoraires pour résoudre l'affaire. Encore incrédule, j'ai demandé à ces personnes de me faire leur demande par écrit, pour avoir une preuve à montrer. Je les ai reçues et j'ai pu les transmettre aux services de police concernés en espérant que le travail soit fait dans l'intérêt de la Justice. Je me contente, depuis, de tenir ces demandes pour l'illustration de la célébrité de mon héros préféré, et je préfère ne pas imaginer que je vis entouré de personnes fragiles en manque de références historiques ou de jugeote. Demain, nous tenterons d'établir une liste des principaux secrétaires de Sherlock Holmes à Baker Street, celles et ceux qui ont ouvert le courrier de Sherlock Holmes. | | | | | Répondez aux questions qui suivent. Pour participer, envoyez vos réponses ainsi que votre identité. par courriel à doyly-planet@sherlock-holmes.fr Vous pouvez répondre tant que la solution n'a pas été révélée dans The Doyly Planet. | | | Enigme "Maison vide" 3 points pour la bonne réponse | | | Quel acteur holmésien a réalisé en 1971 un enregistrement audio de La Maison vide (et des aventures suivantes) pour le Royal Institute for the Blind ? Which actor associated with Sherlock Holmes made an audio recording of The Adventure of the Empty House (and subsequent adventures) for the Royal Institute for the Blind in 1971? | | | | | | | Le gentleman cambrioleur... | | | | | | | The events of the day (BOSC) Le 13 août | | | Le 13 août 1981, est décédé José Baviera (né le 17 août 1906), l'acteur, réalisateur et scénariste espagnol qui a incarné Sherlock Holmes dans le film Arsenio Lupin (1947), une aventure d'Arsène Lupin, le maître-voleur français, avec une apparition surprise de Sherlock Holmes pour clore l'affaire dans les cinq dernières minutes. Après avoir mené une brillante carrière d'acteur principal dans son Espagne natale, José Baviera a émigré au Mexique à la suite de la guerre civile espagnole. Dans son pays d'adoption, il s'est spécialisé dans l'interprétation de figures d'autorité imposantes, des années 1940 aux années 1960. Il a réalisé quelques films hors du Mexique durant les années 1950 — faute de pouvoir intégrer le syndicat des réalisateurs — tout en menant une activité intense au théâtre en tant qu'acteur, metteur en scène et producteur. Il a remporté l'Ariel du meilleur second rôle masculin pour La Barraca (1944). Un Mexique francophile C’est grâce à la France que Sherlock Holmes fait ses débuts dans le cinéma mexicain. Le cinéaste cubain Ramón Peón tourne coup sur coup deux films en juillet 1945 aux studios Azteca de Mexico, tous deux inspirés des romans de Maurice Leblanc : Arsenio Lupin (d'après Arsène Lupin contre Herlock Sholmès) et El Agente Víctor contra Arsenio Lupin (d'après Victor, de la brigade mondaine). Entre 1942 et 1946, la majorité des films mexicains sont réalisés à partir d'œuvres littéraires non hispaniques, et pour moitié issues de la littérature française. Cette tendance à l'afrancesamiento (francophilie) s'est développée et a prospéré sous la longue présidence de Porfirio Díaz, grand admirateur de tout ce qui était français (il est mort en exil à Paris en 1915). Cette admiration pour la culture française peut expliquer la prédominance des adaptations de la littérature française du XIXe siècle dans le cinéma mexicain des années de la Seconde Guerre mondiale. Ces adaptations françaises incluent des films d'aventures policières, tels que les deux longs métrages mettant en scène le personnage d'Arsène Lupin, lequel croise Sherlock Holmes dans l'un d'eux (comme dans le roman Arsène Lupin contre Herlock Sholmès). | | | Le 13 août 1999, est décédé Charles Macaulay (né le 26 septembre 1927), l'acteur et réalisateur américain au théâtre, à la télévision et au cinéma, qui a joué le rôle du juge Clement Harley dans le téléfilm The Return of the World's Greatest Detective, en 1976, avec Larry Hagman (Sherman Holmes). | | | | | | | Le 13 août 1967, est décédé Roger Emerson Garris (né le 2 avril 1924), l'acteur et scénariste américain qui a interprété deux rôles différents et écrit plusieurs épisodes de la série télévisée Sherlock Holmes (1955), avec Ronald Howard dans le rôle-titre. N° 14. The Case of the French Interpreter (M. Brundy) N° 30. The Case of the Eiffel Tower (scénariste) N° 33. The Case of the Baker Street Bachelors (scénariste) N° 34. The Case of the Royal Murder (supervision du scénario) N° 35. The Case of the Haunted Gainsborough (rôle de Samuel Scott et supervision du scénario) N° 36. The Case of the Neurotic Detective (supervision du scénario) N° 39. The Case of the Tyrant's Daughter (scénariste)
| | | | | | | Le Doyly Planet est une publication, conçue et réalisée par Thierry Saint-Joanis (doyly-planet@sherlock-holmes.fr) pour la Société Sherlock Holmes de France avec la collaboration d'Alexis Barquin, Anne Chardon du Ranquet, Léandre Helbecque et Romain Boucheron. Cette publication peut contenir des éléments graphiques générés par une intelligence artificielle. | | 15, rue Grande 03370 Saint-Sauvier | | Vous recevez cet e-mail car vous êtes membre de l'association | | | | | |