| La boulangerie fonctionne tranquillement tout au long de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Les Archives départementales conservent les comptes de la boulangerie de 1926 à 1932 (4 M 196). En 1926, 591 947 kg de pain ont été fournis à 1 744 sociétaires ; le bénéfice de cette année s’est élevé à 10 083,96 F. En 1932, les sociétaires n’étaient plus que 1 536 et avaient reçu 544 376 kg de pain. Le bénéfice s’est élevé à 19 388,60 F. En 1919, le monde cheminot est secoué par des grèves. Les luttes politiques à Périgueux comme en France sont ardentes : lors des élections municipales de décembre 1919, la liste socialiste (qui comprend plusieurs cheminots) remporte tous les sièges à Périgueux. Au congrès de Tours de 1920, ses membres votent pour l’adhésion à la IIIe Internationale et participent à la formation du parti communiste. Cette situation influe sur la gestion de la boulangerie : des membres du conseil d’administration et du conseil de surveillance, communistes, mettent en cause le président du conseil d’administration, M. Duc, à qui ils reprochent des « indélicatesses »[2] ; son exclusion est prononcée et le conseil d’administration est en très grande partie formé de communistes. C’est à cette époque (21 mai 1919) qu’est créée la Coopérative ouvrière d’imprimerie la Prolétarienne, dont le siège se trouve également 29 rue des Jacobins. L’imprimerie est la locataire de la boulangerie. En octobre 1939, les deux sociétés sont dissoutes conformément au décret du 26 septembre 1939 sur la dissolution des organismes communistes. Mais elles continuent de fonctionner sous la tutelle d’un administrateur-séquestre. À la Libération, le séquestre est levé et les propriétaires rentrent en possession de leurs biens. La boulangerie a fonctionné jusqu’au début des années 1970. L’imprimerie, devenue depuis 1959 Imprimerie moderne, rachète les locaux et conserve les quatre fours. Seule la cheminée qui surplombait le bâtiment est supprimée. Mais lors des travaux de réfection consécutifs à la vente d’une partie du bâtiment, les deux fours de cette partie se sont écroulés. Il ne reste plus que ceux de l’imprimerie. Catherine Schunck [1] Jean-Serge Eloi, Le monde cheminot à Périgueux, une communauté perdue, éd. Fanlac, 2005 [2] AD 24, 4 M 196 |