La newsletter houblonnée pour découvrir celles et ceux qui font vivre la bière en Suisse Mars 2026 | | | | | En ce mois de mars, la newsletter de hops-suisse.ch prend l'accent vaudois. Le café de l'Hôtel de Ville à Lausanne et la brasserie de La Mine à Bex ont en commun l'envie de faire découvrir les accords mets-bières, un goût pour l'expérimentation et l'envie de faire se rencontrer les gens - on profite d'ailleurs d'être à Bex pour vous parler de la toute nouvelle ABV, l'Association des brasseries vaudoises. Vous aimez cette newsletter ? N'hésitez pas à en parler à votre belle-soeur qui raffole des lagers épaisses et à votre coiffeur qui ne jure que par les dunkelweizen. Ou qui n'y connaissent rien, mais ne demandent qu'à découvrir. Et vous pouvez également soutenir l'auteur, le lien est à la fin de cette newsletter. | | | Il arrive, parfois, qu'on se laisse emporter. Les brasseurs de La Mine cherchaient un nouveau lieu de production, avec une tap room à côté pour y faire découvrir leurs produits. "Un ami restaurateur nous a conseillé de voir plus grand", se souvient Michael Dupertuis, président et co-fondateur. Le résultat, c'est un restaurant avec vue sur les cuves et une salle où sont organisés concerts et spectacles, à deux pas de la gare de Bex. | | | Mais revenons en arrière - il y a dix ans exactement. L'histoire commence comme souvent, deux amis qui décident de faire de la bière ensemble. Mais ensuite, c'est un peu moins conventionnel : "Ils ont lancé un appel sur Facebook, nous nous sommes retrouvés à quatorze", se souvient Eric Nussbaum, "druide" de la brasserie. Le premier local était situé à deux pas des mines de Bex, au chemin du même nom, qui a donné son nom à la brasserie. "Nous avons demandé l'autorisation à leur directeur de nous appeler comme ça, il a accepté à condition que nous brassions une bière au sel", raconte Michael Dupertuis. Une boutade, en réalité, mais prise au premier degré : La Mineuse, une gose, fait toujours partie des bières de base de La Mine. La suite est plus classique : succès aidant, la brasserie grandit, les installations avec elle et le choix de se professionnaliser devient inéluctable. "Prendre congé pour brasser, ça n'est pas possible longtemps", se souvient Eric. D'où la recherche d'un nouveau lieu, trouvé dans un entrepôt désaffecté depuis des années - "une verrue", selon les mots de Michael - tout proche de la gare. Le restaurant était né et avec lui un pôle commercial où on trouve des magasins, des cabinets médicaux et même une salle où pratiquer le lancer de hache, de préférence avant d'avoir goûté les bières locales. La chance de la brasserie, c'est d'avoir rapidement opté pour une coopérative, dont les membres se retrouvent d'ailleurs régulièrement pour brasser. Cela lui a permis de récolter plus facilement des fonds pour grandir, même en pleine période Covid. "Cela nous a même permis d'avoir un peu plus de temps pour planifier", se souvient Michael. Aujourd'hui, la brasserie offre sept bières de base. "Ce n'est pas vraiment sage économiquement, mais par sentimentalisme, nous ne pouvons pas nous résoudre à en retirer de la gamme", explique Michael. Chaque saison, une nouvelle création est proposée. Les noms restent, les recettes changent. Et, pour le plus grand bonheur de l'amateur de jeux de mots qu'est l'auteur de cette newsletter, elles déclinent le thème de fond : Baramine, Minimale, Hermine, il y a comme une réminiscence dans ces noms. "Nous en avons quelques autres en stock", dit dans un sourire Michael - même si le chimiste cantonal leur a fait changer les noms, jugés trompeurs, de la Vitamine et de la Dopamine. Une décision qu'on osera qualifier de minable. En plus de ses bières, l'équipe de la Mine concocte également du gin et du whisky, vieillis dans les salines de Bex. Le restaurant, quant à lui, a trouvé son public, entre habitants et habitantes qui viennent pour les plats du jour à midi, fans de bière qui profitent de la proximité de la gare pour arriver de plus loin, "parfois même en-dehors du canton", selon Michael Dupertuis, qui se réjouit d'avoir ainsi contribuer à l'animation de la petite ville dont il est élu communal. | | | Si on avait envie de vous présenter cette brasserie, c'est aussi parce que Michael et Eric font partie des initiateurs de la nouvelle Association des Brasseries Vaudoises, ABV. Tout part d'un postulat, qui demandait que tous les débits de boissons du canton de Vaud proposent au moins une bière locale à la carte. Si la réponse a été négative, elle a été le prélude à une réflexion. Née fin janvier, l'ABV a pour objectifs de favoriser la formation et l'accès au marché. "Malgré la concurrence, nous nous connaissons, nous avons l'habitude de nous entraider", affirme Michael Dupertuis, président de la nouvelle faîtière. Elle est soutenue par GastroVaud et la conseillère d'Etat en charge de l'agriculture était présente lors de sa naissance, dans le caveau du Grand Conseil vaudois. | | | Toutes les brasseries, quelle que soit leur taille, peuvent y adhérer pourvu que leurs lieux de production soient situés dans le canton. Si l'ABV agira surtout en coulisses pour les brasseurs et brasseuses, sa première action visible aura lieu le 9 mai à Puidoux. La brasserie Docteur Gabs accueillera en effet la première "Fête de la bière vaudoise". L'occasion pour les membres de faire découvrir leurs produits. "L'idée, ensuite, sera de l'organiser chaque année dans un endroit différent", promet Michael Dupertuis. | | | Le lieu : L'Hôtel de Ville | Un lieu de rencontre : voilà ce que Nil Iyidogan et Pierre von Arx rêvaient de faire naître au cœur de Lausanne. Depuis la fin de l'année 2025, c'est avec le café de l'Hôtel de Ville, mythique établissement de la vieille ville, qu'il et elle relèvent ce défi. Crédit photo : Café de l'Hôtel de Ville | | | Une rencontre, d'abord, entre deux clientèles. Celle qui avait l'habitude de fréquenter ce café historique et qui y retourne avec plaisir depuis la réouverture. Et celle qui connaissait le duo d'Epiq, petite boutique nichée dans les escaliers du Marché où on trouvait toujours d'excellentes bières, des produits gourmands, des conseils et un sourire. La rencontre, aussi, entre Bruxelles et Lausanne. C'est dans la capitale belge que Nil a ouvert son premier restaurant, dans le populaire quartier d'Ixelles. Quand la Ville de Lausanne a mis au concours la gérance de l'Hôtel de Ville, elle y a retrouvé la chaleur des vraies brasseries de sa ville natale. Sur la carte, on peut retrouver au gré des saisons et des inspirations du chef Ludo Burnier aussi bien du papet que des carbonnades avec leur stoemp, le tout toujours légèrement modernisé - "c'est de la cuisine de brasserie avec un twist", explique Nil. Son envie, c'était de proposer de la cuisine généreuse et épicurienne, à des prix abordables. Avec, toujours, un vaste choix de bières à la carte, en pression comme en canettes. C'est en organisant des événements avec Epiq que le duo a eu envie d'ouvrir son propre établissement - ce qui ne l'empêche pas, aujourd'hui, de s'associer encore de temps à autre avec le Cylure, autre bar lausannois bien connu des amateurs et amatrices de bière et de bonne humeur, pour des tap takeover légendaires. Il ne saurait être question de concurrence entre gens de bon goût. Quant à la boutique, si elle a aujourd'hui fermé ses portes, le projet de la rouvrir reste tenace. "On nous le demande souvent", constate Nil. Le couple est donc à la recherche d'un endroit adapté pour la faire revivre dès cette année, quitte à devoir travailler un peu plus de 24 heures par jour. | | | Et puis la rencontre, c'est aussi celle de Nil et Pierre, qui avant d'ouvrir Epiq ont travaillé ensemble dans différents endroits du chef-lieu vaudois. Sans vouloir transformer cette newsletter en presse people, comment c'est de bosser ensemble au quotidien ? "Nous avons la chance d'être complémentaires", assure Nil. "Mais on se dit souvent qu'on n'aurait pas pu se lancer dans cette aventure si on ne l'avait pas fait ensemble." Une belle histoire, pour le plus grand plaisir des épiquriens et épiquriennes. | | | Docteur Gab's a inauguré au début du mois un système de récupération et de revalorisation du CO2 généré naturellement lors de la fermentation. Celui-ci est capté, purifié et réutilisé directement pour la production. "Ce projet s’inscrit dans une démarche durable globale menée depuis de nombreuses années par la brasserie vaudoise", affirme le communiqué. La brasserie du Puidoux a collaboré avec la startup suisse WasteOlas. La brasserie broyarde Mc Boar a été choisie par l'Association Fribourg2026 Events&Legacy pour brasser la bière partenaire de la Coupe du monde de hockey 2026. Sa Frost26 sera servie à Fribourg durant la manifestation (15-31 mai 2026).
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