La caserne Ardant du Picq

     Numéro 70 - mars 2026

La caserne Ardant du Picq

 

     La caserne Ardant du Picq, située 50 rue Ludovic-Trarieux à Périgueux, abrite aujourd’hui l’escadron de Gendarmerie Mobile 47/2. 

    Elle doit son nom au colonel Charles Ardant du Picq : né à Périgueux en 1821, il entra à l’École militaire spéciale de Saint-Cyr en 1842. Sorti sous-lieutenant, il participa à de nombreux combats : guerre de Crimée, campagne de Syrie, Algérie, guerre de 1870. Il était colonel commandant le 10e Régiment d’infanterie de ligne lorsqu’il fut blessé au combat de Longeville-lès-Metz le 15 août 1870. Il décéda le 18 à l’hôpital militaire de Metz. Ce fut aussi l’auteur d’un ouvrage réputé, Etudes sur le combat, publié aux éditions Hachette et Dumaine en 1880.

     Les bâtiments furent construits en 1912[1] pour le 50e Régiment d’Infanterie qui se trouvait à l’étroit à la caserne Bugeaud.

    Les travaux furent confiés à un entrepreneur périgourdin, M. Dussaux, propriétaire des Vergnes, maison construite à la fin du XIXe siècle sur la colline en face du site choisi pour la caserne.

     Il possédait une carrière à côté de sa maison et en utilisa les pierres, qu’il transportait sur la colline en face à l’aide d’un wagonnet Decauville. On voit encore à l’entrée de sa propriété les piles du pont où passait ce wagonnet.

 

Le chantier de la construction (collection Dumoisy)

Les piles du pont aux Vergnes (photo Schunck)

Un wagonnet Decauville (photo Wikipédia)

Les photos des casernes, ci-dessous, prises depuis la terrasse des Vergnes, montrent trois étapes de leur construction : sur la première, les écuries au premier plan et le bâtiment derrière n’ont pas de toit ; sur la deuxième, les écuries ont leur charpente ; et sur la troisième, les toits ont été posés et les murs blanchis.

Les deux premières étapes de la construction (collection Dumoisy)

Troisième étape de la construction (collection Dumoisy)

     Le 50e Régiment d’Infanterie prit possession des lieux à son retour de la guerre de 1914 en 1919.

   Il fut dissous le 28 avril 1929[2]. Après son départ, les casernes furent occupées par la Garde Républicaine mobile (un peloton à cheval et un peloton à pied). Le premier escadron de Gendarmerie mobile s’y installa en 1959[3].

   Les bâtiments que l’on voit sur les photos de la construction ont été complètement démolis et reconstruits entre 1977 et 1979. Les déblais ont servi à remblayer le terrain sous les Arcades qui était en contrebas et très marécageux.

     La rue, qui a pris son nom de Ludovic-Trarieux en 1928 puis de Jean-Secret en 1982, a été élargie à ce moment-là.

 

Catherine Schunck

 

Entrée de la caserne Ardant du Picq (collection SHAP - perigueux0226)

 

[1] Selon le témoignage d’un sous-officier de la caserne
[2] Gallica/Retro news, La France militaire, 2 mai 1829
[3 Guy Penaud, Le grand livre de Périgueux, Ed. La Lauze, 2003

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