Oser ou pas ? En plein été, tout le monde se découvre. Sauf celles et ceux qui renoncent pour cause de perte d’élasticité des tissus. Un complexe rétro ? Oui.
L’outrage des ans… Arrive un moment où notre corps, d’atout majeur, se transforme en révélateur pervers. Comme un partenaire de confiance trahirait soudain tous vos secrets, étalés au grand jour. Chaque avantage tourne à la tare. Ce qui jusqu’ici scellait une routine tranquille et assurée, se meut en parcours piégé. L’affaissement, - « la ptose » disent les spécialistes – vient miner une tonicité jamais démentie. Ton décolleté avec ou sans balconnet ; ton long cou exalté par un chignon haut : tes attaches fines valorisées par un débardeur ; ta taille sexy, tes belles jambes éclatant sous la mini… je peux continuer jusqu’aux pieds, tellement notre corps reste encore et toujours objet esthétique. Alors forcément, quand l’âge s’en mêle, eh bien tout le monde tombe de haut. Les admirateurs -trices, les amis, les ennemi (e)s qui se frottent les mains hé-hé, et … l’intéressée. Bien obligée d’affronter le réel. Pas besoin d’une loupe ; ça se voit à l’œil nu qu’il y a perte d’élasticité du tissu. Putain de temps qui passe…
Les féministes, les néo-féministes en colère pourront marteler de toutes leurs forces que c’est DE L’ALIÉNATION, brandir leurs poings, leurs cheveux blancs ou leur crâne rasé, leurs slogans, leurs rides, leurs bourrelets, leurs bajoues et leur je-m’en-foutisme de bûcheron…. Ça met du temps à rentrer dans le cerveau.
La beauté forcément éphémère, un plaisir de l’oeil
Désolée pour cette faiblesse mais je reste conditionnée par des standards « vintage » ; observer la beauté, la jeunesse, la fraîcheur féminine sans un pli demeurent au top 100 des petits plaisirs du quotidien. Une belle femme, un bel homme, une peau satinée, une silhouette… c’est, comment dire, une cure de bien-être pour l’esprit surchauffé. Un repos pour l’œil, une régénération. Comme une œuvre d’art. Ephémère…
Arrive donc un jour où on ne fait plus partie des élu (e) s. Se couvrir ou pas. La question se pose. La mode c’est d’assumer, ok. Les bras, le décolleté, les genoux... Qui osera la première ? Le premier ? Car maintenant, la dégringolade s’impose aux hommes avec la même férocité. Ca console ?
Les hommes fous du botox
Le nouveau mâle souffre aussi. Et réagit : entre 2018 et 2024, les actes chirurgicaux masculins ont progressé de 95 %. Et les « soins sans chirurgie » (c’est-à-dire les injections de botox et acide hyaluronique), de 116 % ! En Suisse-allemande urbanisée (et aisée), c’est l’envolée : une étude de l'Institut Gottlieb Duttweiler à Zurich observe que cette année 2026, les hommes ont dépassé les femmes en consommation de botox ! En France, les hommes représentent désormais 20 % de l'ensemble des patients en médecine et chirurgie esthétiques. En tête des interventions : la blépharo (les paupières) et la liposuccion (menton, taille…). Faire plus jeune… La pression (esthétique) monte : 27 % chez les femmes, 20 % chez ces messieurs.
Mais ce sont les 18-35 ans qui sont les plus enragés : 52 % incluent médecine esthétique et chirurgie dans leur « routine beauté » (!). Quand tu es jeune, que tout tient bien en place, eh bien tu complexes à mort ; et quand, passé 60, 70, tu as de bonnes raisons de complexer, eh bien tu affiches. Enfin, ça dépend, il y a de l’hésitation dans l’air. Je me rappelle d’une réflexion d’Azzedine Alaïa à une cliente dubitative qui objectait que « à mon âge, je ne crois pas que je peux me permettre si court, si cintré… » La réplique fuse : « Mais à ton âge, justement, tu t’en fous ! » Ca fait réfléchir. Sauter le pas ? Ou pas…
Le maître du sex-appeal féminin rejoignait ces féministes qui nous engueulent : oui, tu vas apprendre à te libérer des conventions.
Courage !
Riche de plusieurs vies, de bonheurs, d’épreuves, d’accidents, de petits-enfants, de signes de l’âge, eh bien, hurrah ! tu arbores la bretelle spaghetti, le débardeur échancré sur tes bras « en ailes de chauve-souris », (ce terme « pro », c’est d’un chic !) Il faut du cran. Ensuite, on s’habitue. « Mes plis vous choquent ? Rien à foutre…. » Et surgit un je-ne-sais-quoi de fascinant : l’aisance. Une tranquille acceptation de soi. C’est très fort. Ca dégage un truc. Un bien-être. Un charme. Un lâcher prise.
Ouais. C’est pas gagné.
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