Quelque chose de Sandrine Kiberlain On l’adore, cette grande girafe désinvolte qui sait tout jouer. Une avocate, une dévergondée, une Sarah Bernhard en costumes… Son registre est immense. Mais, à la manière des très grands, elle garde dans ses rôles un je-ne-sais-quoi de personnel. Voilà pourquoi les Galeries Lafayette lui fabriquent « sa » collection de cachemire. On va voir un film pour elle. Comme Huppert, comme Adjani, comme Deneuve, on la regarde jouer, elle, avant de s’intéresser à son personnage. Le style de Kiberlain « imprime » plus fort que sa partition. Mine de rien, ça fait plus de trente ans qu’elle incarne une certaine idée de la femme… Son visage changeant, ses longs cheveux en rideau, roux, puis de plus en plus blonds, ses taches de rousseur, son long cou, son regard qui doute, ses sourires mélancoliques, et sa drôlerie… Elle s’impose sans en rajouter. Cours Florent, Conservatoire, grand-père musicien, père auteur de théâtre… Elle a semblé glisser dans le métier avec facilité. Cumule les récompenses : Les Patriotes, En avoir ou pas, Le 7ème ciel, A vendre, Mademoiselle Chambon, Le roman de Lulu (une pièce de théâtre), 9 mois ferme… Elle s’est essayée à la mise en scène, à la réalisation (c’est elle qui a lancé la jeune actrice Rebecca Marder en 2021), à la chanson, (deux albums)… Toujours bien entourée : Etienne Daho, Alain Souchon, Edouard Baer, Vincent Lindon, (père de sa fille), les incontournables Quentin Dupieux, Guillaume Nicloux, Bruno Podalydès… A elle seule, elle est un cliché de la Parisienne brillante à qui tout réussit. La réalité fut plus accidentée. Deuils (son père en 2000, au moment de son accouchement), AVC post partum il y a 25 ans, et parfois le manque de confiance en soi…. A 57 ans, ouf, elle peut se réjouir du chemin parcouru. Et maintenant, la voilà égérie mode ! Le rôle lui va comme un gant. Les Galeries Lafayette lancent une petite collection de « cachemires créés par Sandrine Kiberlain ». Cette fille, c’est l’évidence ! C’est toi, moi, nous… Pile dans l’esprit chic mais pas élitiste. Des pulls classiques confortables, marron, gris, beige, pour 160 euros, pas trop cher pour du « griffé » si l’on peut dire. Sandrine affirme sur son Instagram (248'000 followers) son bonheur de « créer le pull, les mitaines et le tour de cou de mon enfance en cashmere 100% recyclé » Recyclé, bien sûr, n’allez pas la prendre pour une fashion-addict ! Les « haters » ne l’auraient pas ratée. Là, sous ses photos : que des cœurs, des déclarations d’amour, des commentaires enthousiastes. S’habiller tout comme elle, c’est se glisser dans son élégance. Kiberlain, c’est notre Inès de la Fressange du cinéma. Une distinction sans familiarité, mais avec de bonnes manières. Cachemire, quoi… D’autres célébrités y ont pensé : l’animatrice Alexandra Golovanof en 2016 a, depuis, élargi sa gamme, mais ses pulls en cachemire pointent à 430 et 710 euros ! Quand Claudia Schiffer semble avoir un peu laissé tomber son vestiaire « cachemire de qualité, qui ne feutre pas au lave-linge et qui permette de déposer ses enfants à l'école sans paraître overdressed puis d'assurer des rendez-vous dans la foulée." A 300 ou 500 euros la pièce en 2011, c’était peut-être pas over-dressed, c’était clairement over-paid. Bon, ses enfants ont maintenant 15, 20 et 22 ans, et doivent lui piquer ses cachemires toujours tip-top. Nous on préfère Kiberlain. Son cachemire nous susurre « Tel un grand cru, tu te bonnifies en vieillissant » Catherine Schwaab |