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Les Services industriels (SIG) ont développé une mécanique du simulacre : enquêtes maison, audits de courtoisie, conflits d’intérêts promus en gouvernance. Ce 23 septembre, l’AP2J dépose 5 dénonciations formelles. Non pour agiter l’opinion, mais parce qu’il n’est pas de démocratie sans confiance et de confiance sans responsabilité. Genève mérite des institutions à la hauteur de ses principes.
QUAND L’AUDITEUR CONNAÎT DÉJÀ LA RÉPONSE
Aux SIG, l’indépendance devient mise en scène. Me Stéphane Voisard, mandaté pour « auditer » les pratiques de népotisme aux SIG, les assiste régulièrement depuis 2016 : 255’000 francs de mandats à la clef, dont 30’000 pour une enquête qui blanchit son client.
Des courriels accablants – versés au dossier, mais soigneusement tenus à l’écart du public – révèlent que l’ancien directeur général des SIG a insisté pour faire engager un membre de sa famille. Le lien de parenté, délibérément caché aux ressources humaines, n’est jamais nommé. Ce silence éclaire un mode opératoire.
Le président du Conseil d’administration, Me Robert Cramer, bien connu de la bulle politique, a martelé que l’avocat-enquêteur est « indépendant » au motif qu’il n’était pas salarié de la régie. Une conception de l’indépendance à mille lieues de ce que dit la loi et qui mérite effectivement d’être clarifiée.
CINQ AUTORITÉS, CINQ PLAIDOYERS POUR LA DÉMOCRATIE
Chaque dénonciation vise les compétences spécifiques d’une autorité de la République :
- La Commission du barreau, pour établir les manquements déontologiques – la double casquette d’avocat-auditeur porte atteinte à la profession tout entière ;
- Le Ministère public, pour se saisir des faits et préserver les preuves – avant qu’un calendrier maladroit ou d’autres contingences ne viennent les compromettre ;
- Le Conseil d’État, pour qu’il rompe avec l’inaction et exerce enfin, concrètement, sa tâche de surveillance de la régie, conformément à la loi ;
- Le Grand Conseil, pour qu’il se saisisse de la nécessité de faire toute la transparence démocratique sur la gestion de la régie publique – condition primordiale au rétablissement de la confiance ;
- La Cour des comptes, pour qu’elle constate ce que tous les standards internationaux proscrivent : un audit confié à l’avocat du contrôlé, sans rotation, sans transparence, sans publication.
À l’heure où même les marchés n’acceptent plus ces pratiques, Genève ne peut continuer à s’en exonérer sans se disqualifier.
PAS UN CAS ISOLÉ, UNE CRISE SYSTÉMIQUE
L’affaire Voisard-Cramer n’est qu’un épisode de plus dans une longue et sombre série : corruption dans l’éolien, placements douteux, surfacturations de 22 millions, népotisme affiché, pression sur les lanceurs d’alerte et maintenant sur les députés.
À chaque crise, le même enchaînement : un audit interne pour blanchir, une Cour des comptes pour contredire, des promesses pour faire oublier. Et toujours, la suite au prochain scandale.
POST TENEBRAS LUX ?
Les SIG ne sont pas une simple entreprise. Ils incarnent une fonction publique vitale, financée par les citoyens, au service de tous. Pourtant, leur gestion actuelle, aux énergies internes fort peu renouvelables, échappe à toute forme de régulation effective.
Il n’est plus question de dysfonctionnements, mais du point de rupture.
Notre démarche ne vise ici qu’une chose : rappeler que la démocratie ne s’évalue pas à ses principes sur papier, mais à la solidité de ses contre-pouvoirs. Quand ceux-ci s’effacent, ce ne sont plus les scandales aux relents politiques qui prolifèrent, c’est la confiance qui s’effondre.
Contacts :
David GOLD, porte-parole contact@ap2j.ch
Baptiste GOLD, président contact@baptistegold.ch
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