Les enjeux moraux de la marchandisation du monde
Conférence par Antoine Cavalié, professeur de philosophie
Samedi 22 mars à 17 H 30, à Thonon, espace des Ursules
Qu’est-ce qui rend dérangeante l’idée d’un marché des organes ? Pourquoi ne pas rétribuer financière- ment des élèves pour qu’ils aient de meilleures notes ? Payer une «compensation carbone» rend-il acceptable la pollution produite par le tourisme ? Dans son ouvrage de 2008, Ce que l’argent ne saurait acheter, Michael Sandel, professeur de philosophie à Harvard, interroge les effets moraux et politiques de l’intrusion de la logique marchande dans la sphère de l’éthique, à partir d’analyses de cas précis. Au-delà de la condamnation traditionnelle des effets corrupteurs de l’argent, l’auteur propose une véritable critique de la raison économique et des représentations morales qui la sous-tendent. Nous reviendrons sur ses analyses ainsi que sur celles d’autres auteurs (Georg Simmel et Hartmut Rosa), pour souligner l’ambivalence du pouvoir de l’argent, qui en mettant le monde à disposition semble paradoxalement contribuer à le rendre indisponible.
Entrée libre.