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La newsletter houblonnée pour découvrir celles et ceux qui font vivre la bière en Suisse

Avril 2026 

 

Bienvenue !

C'est l'happy hour sur hops-suisse.ch : ce mois-ci, on vous présente carrément deux brasseries. A Molondin, dans le Nord-Vaudois, l'Improbable met à disposition ses locaux aux brasseries du coin ou de plus loin, ponctuellement ou régulièrement. Parmi les pensionnaires, Brasse-Mie, une jeune brasserie qui utilise des invendus de boulangerie pour ses recettes. Et comme c'était l'occasion de placer "faire d'une bière deux coups", cette newsletter de mai sera double dry hoppée. 

 

Pour le lieu, direction la vieille-ville de Bienne, où B like Beer s'est fait un nom rapidement. Un bar avec des convictions, et avec des bières qui roulent. 

 

Vous aimez cette newsletter ? Alors comme d'habitude, parlez-en autour de vous, ou lisez jusqu'au bout et jusqu'au lien pour financer* à l'auteur ses voyages de Bienne à Molondin.

 

* On m'a signalé que Ko-Fi n'était pas très pratique alors je suis passé à un autre système, en espérant qu'il sera plus facile à utiliser, car je suis un newsletteur à l'écoute. 

Agenda du mois de mai

Dégustations et événements

BAM bière&burger - voyage en train historique accompagné de dégustations, entre Bière et Morges - 1er mai, 19h-22h35

Sentier de la bière - promenade et dégustations à Loc (VS) - 2 mai, 10h30-18h

Sumiswalder Bierwanderung - promenade et dégustations à Sumiswald (BE)

 

Festivals

Bier Kultur Tage Luzern - 8 mai, 17h-24h et 9 mai 15h-24h, Eiszentrum Lucerne

Bierfestival Liestal - 9 mai, 12h-22h, Kanonengasse Liestal

Fête de la bière vaudoise de l'ABV - 9 mai, Brasserie Docteur Gabs à Puidoux

Fête de la bière et des musiques festives - 13-16 mai, place du Marché, Vevey

Hopfig Craft beer Festival - 29-30 mai, Markthalle Aarau

 

La brasserie : L'Improbable

C'est à Lausanne, en 2013, que commence l'histoire de L'Improbable - "trois copains dans un garage, comme souvent", raconte Ken Katanishi. "Ca devait rester un hobby, on n'a même pas pensé que ce nom était imprononçable en Suisse allemande". Quelques déménagements plus tard, la brasserie est désormais établie à Molondin. Avant d'arriver dans ce village du Nord-Vaudois, perché au-dessus d'Yvonand et probablement un peu improbable, il a fallu plusieurs étapes : des locaux partagés avec le Lance-Pierre, au centre de Lausanne, un déménagement à Ependes, puis une aventure qui aurait dû se poursuivre à Yverdon - mais des problèmes techniques en ont décidé autrement. 

 

 

 

La brasserie voulait poursuivre sa route dans le Nord-Vaudois, où la concurrence régionale est moins grande qu'à Lausanne. Un peu par hasard, Ken a trouvé le local de ses rêves à Molondin, où il a pu faire son premier brassin en mai 2024. Aujourd'hui, il se retrouve seul à L'Improbable - mais pas souvent dans ses locaux. Il a en effet décidé de mettre à disposition d'autres brasseries ses cuves. Soit régulièrement, soit ponctuellement, "par exemple pour un gros événement, pour lesquelles elles n'auraient pas la capacité de produire assez". Parfois, Ken brasse lui-même, d'autres fois il se contente de mettre ses installations à disposition, mais en distillant toujours de précieux conseils. "Au début de ma carrière, j'ai beaucoup appris aux côtés de brasseurs aguerris et aujourd'hui, j'ai envie de rendre ça." La moitié des bières produites dans les locaux de L'Improbable le sont pour d'autres. "C'est un excellent moyen de rentabiliser les installations et ça me permettra de faire un peu plus de choses rigolotes." Car le brasseur aime faire preuve de créativité - mais toujours avec sérieux. Pour ses bières, il a le souci de la précision, comme pour sa nouvelle blanche sans alcool pour laquelle il a longuement cherché la levure parfaite. "Trop de weizen n'ont pas ce goût caractéristique." Ou encore pour la Kinzan, une des premières créations de la brasserie, une lager au riz qui plaît autant au père japonais du brasseur qu'à sa grand-mère suisse allemande et dont la recette a changé plusieurs fois. 

 

Ken assure aimer les défis. Par exemple quand un restaurateur de la région lui a demandé une bière "type Guiness", qu'il est en train de peaufiner. Ou quand il collabore avec un agriculteur voisin pour élaborer une farm ale 100% made in Molondin, avec différentes céréales et des houblons sauvages. Ou encore lorsqu'il élabore ses cuvées "Château Pétéée", avec trois e dans le texte, parties d'une fin de soirée particulièrement arrosée et conçues "pour se moquer du vin" - mais en gardant le souci du bon goût en tête. 

Tous les derniers jeudis du mois, il ouvre les portes de sa brasserie pour L'Improbar, des portes-ouvertes où ses créations côtoient quelques spécialités de producteurs de la région. 

Et même si Molondin, ce n'est pas forcément l'endroit le plus accessible (croyez-moi, j'ai habité le village voisin), la clientèle vient de loin pour goûter les bières et profiter de l'amour du partage du brasseur. 

La (deuxième) brasserie : Brasse-Mie

Parmi les locataires de L'Improbable, Brasse-Mie. Cette brasserie est assez récente sur le marché suisse : elle aura deux ans en juin. Tout démarre d'un travail de bachelor. Romain Zbinden, boulanger de formation, s'est intéressé aux moyens de revalorisation du pain. Et par intérêt pour les processus de fermentation, il s'est tourné vers une recette ancestrale, celle de la bière au pain. "Par rapport à une recette avec du malt, ça change l'aromatique, la disponibilité des saveurs."

Romain connaissait déjà L'Improbable, pour travailler dans une vinaigrerie établie dans le même bâtiment, L'Agropôle de Molondin. Même s'il est établi à La Roche, en Gruyère, c'est donc tout naturellement qu'il a préféré se tourner vers Ken pour créer ses bières. Toute la difficulté du projet, c'est le dosage de pain. "En Suisse, il est toujours salé", explique-t-il. A cause de cela, il est impossible de n'utiliser que du pain, il est toujours mélangé avec du malt classique. Son ambrée, la AmBread, en contient 50% et on sent effectivement le côté salin en bouche. Les autres créations contiennent un peu moins de pain rassis. En général, plusieurs variétés sont mélangées.

Le projet Brasse-Mie ne s'est pas arrêté avec la remise du travail de bachelor. Il faut dire qu'il a suscité un certain engouement, avec notamment un chèque à l'innovation du canton de Fribourg. Il a ainsi pu étoffer son projet. Il a par exemple ajouté à sa gamme une pastry sour aux fraises tagada, pour fêter la naissance de sa fille et aussi pour se "faire kiffer. C'est une vrai sour à l'ancienne, c'est plus long à brasser mais je préfère. Elle passe bien en festival." La Little Mie'ss a d'ailleurs récemment fait kiffer le jury des Swiss Beer Awards, qui lui a décerné une médaille de bronze dans sa catégorie.

Entre recettes classiques et expérimentations, le cœur du brasseur balance, les premières parce que "les gens sont ouverts à la nouveauté, mais il faut amener les choses correctement", les autres parce qu'il aime essayer - le mot jouer revient énormément dans son discours. Pour un récent concours, dont le jury a finalement opté pour des bières très classiques, il s'est ainsi lancé dans une recette à la poire à botzi et à la cuchaule. Même si pour les bières au pain, il vaut mieux éviter ceux qui sont trop gras, car cela bloque la fermentation. Dommage, car Romain aurait aimé, pour jouer, faire une bière aux croissants. 

Brasse-Mie devrait rester petite, "le marché est déjà bien saturé. Mais cela me permet d'apprendre énormément de choses en gestion, en marketing." Romain se donne jusqu'à la fin de l'année pour décider de la suite à donner à son aventure. "Dans ma région, ça commence gentiment à prendre", se réjouit-il. Mais comme le dit le dicton, pas de pain, pas de gain.

Le lieu : B like Beer

Dans cette newsletter, on risque de reparler encore souvent d'une certaine année 2020 et d'une certaine pandémie. La fermeture soudaine des commerces, l'annulation des événements, a été difficile économiquement, mais a aussi donné des idées parfois inattendues.

 

 

Mais c'est bien avant, en 1994, que naît l'idée de B like Beer. Lors d'un tour du monde avec son épouse, Flavio da Rold découvre, au Canada, les brasseries artisanales. "Tout le monde faisait sa bière à la maison, j'ai eu envie de faire pareil." Puis, quand la mode a finalement atteint la Suisse, il s'est dit que plutôt que de brasser dans son garage, il pourrait vendre celle des autres. L'idée de départ, c'était celle d'un beer-truck indépendant. "Tout était prêt... mais on était en mars 2020." La cave, en vieille-ville de Bienne, où étaient entreposées les bières destinées à sillonner les routes s'est alors transformée en magasin puis, dès 2022, en bar. Avec un succès quasi immédiat. L'immense majorité des brasseries qu'on y trouve sont suisses. Et Flavio les visite toutes personnellement - des deux côtés du Röstigraben, en bon biennois. Pour qu'elles rejoignent son étal, il faut que la brasserie soit suffisamment grande et professionnelle pour assurer la stabilité de ses produits, bien sûr, mais il y a encore un ingrédient secret : "Je veux voir briller les yeux de la personne qui me fait goûter ses bières."

Pour Flavio, "tu ne viens pas ici pour boire des bières." Il s'adresse délibérément plutôt à un public de "geeks", du moins de gens qui veulent découvrir quelque chose. En général, il ne prend qu'un seul fût à la fois de chaque bière servie à la pression, "avec parfois quelques folies. On adore les one shot." 

Amoureux de la vieille-ville de Bienne - on le comprend - Flavio et B like Beer participent régulièrement, "par tous les temps", au First Friday, une manifestation devenue culte dans la ville bilingue : les bars et les commerces du quartier sortent leurs tables et proposent des animations le premier vendredi de chaque mois. La manifestation aura 10 ans le 1er mai et B like Beer a invité une école de salsa pour l'occasion. "On veut que les gens dansent." 

 

 

"Petite" particularité supplémentaire de cet endroit pas comme les autres : le patron ne boit plus d'alcool depuis deux ans. Cela n'empêche pas de goûter - "comme on fait pour le vin, je recrache". Il sait qu'il peut aussi compter, derrière le comptoir, sur une équipe passionnée. Le petit bar marche si bien que des projets d'agrandissements sont dans les cartons. "Nous aimerions trouver plus grand - mais toujours en vieille-ville !"

Actus houblonnées

  • Les Swiss Beer Awards ont dévoilé leur verdict 2026 fin avril. Comme il y a beaucoup de catégories et parfois beaucoup de médailles par catégorie, on vous laisse jeter un œil au palmarès - dans lequel il y a à boire et à manger, il faut l'avouer. 

  • Quelques mauvaises nouvelles dans un marché de la bière toujours tendu : plusieurs brasseries ont annoncé leur fermeture et le festival yverdonnois Festymalt n'aura pas d'édition 2025.

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